Qu’en est-il des maternelles 4 ans?

M. Sébastien Schneeberger, député Drummond-Bois-Francs

par Maxime Rioux

Dès septembre 2019, on comptera 644 classes de maternelle 4 ans au Québec. Dans la région centricoise, les tout-petits qui y seront inscrits fréquenteront donc l’une des cinq écoles à proposer ce service qui a bien des vertus selon le premier ministre du Québec et chef de la CAQ, François Legault. Cela dit, la prochaine rentrée sera différente des autres. En attendant, plusieurs pièces du casse-tête doivent être placées.

La Société Saint-Jean-Baptiste du Centre-du-Québec s’est entretenu avec Sébastien Schneeberger, député de Drummond-Bois-Francs pour la Coalition Avenir Québec. Ce dernier a d’emblée tenu à préciser que la maternelle 4 ans universelle -c’est son nom- n’est pas obligatoire.

« Les parents ne sont pas obligés d’envoyer leurs enfants à la maternelle 4 ans. La CAQ ne se positionne pas pour ou contre les CPE. Nous souhaitons simplement offrir ce qu’il y a de meilleur aux enfants. Tant que l’approche pédagogique est bonne. C’est un choix personnel. Et c’est aussi une question de confiance. Ce n’est pas au gouvernement de choisir ce qui est le mieux pour les enfants, mais aux parents de le faire », partage-t-il.

Précisons que les parents qui choisiront d’inscrire un enfant à la maternelle 4 ans devront aussi composer avec le fait que, durant la chaude saison, il n’y a pas de classe. Ainsi, si les deux parents travaillent à temps complet, il leur faudra prévoir de dénicher un CPE ou une garderie privée.

Dans la région de Drummondville, la première maternelle 4 ans à avoir vu le jour est déjà en activité à l’école Saint-Joseph, dans le quartier du même nom. L’an dernier (2018), 61 élèves étaient inscrits à la maternelle 4 ans. L’an prochain, quatre écoles de la Commission scolaire des Chênes qui accueillaient déjà des maternelles le feront à nouveau. À celles-ci s’ajoutera l’école de Saint-Guillaume, qui ne compte pas de service de garde, un élément important à considérer selon Sébastien Schneeberger.

« À l’époque, les CPE ont été créés pour casser le cercle vicieux des milieux défavorisés. On voulait stimuler les jeunes enfants qui pouvaient en manquer dans certains milieux », indique Sébastien Schneeberger, prévenant toutefois de ne pas établir de liens directs entre « milieu défavorisé » et « manque de stimulation ».

« On a reproché à la CAQ d’être « pro-privé », mais avec la maternelle 4 ans, le premier touché est le milieu privé non subventionné. Pour les parents, c’est très intéressant d’avoir accès à un service éducatif gratuit. C’est d’autant plus vrai dans notre région, où les salaires sont un peu en bas de la moyenne québécoise », fait valoir l’élu de la circonscription Drummond-Bois-Francs.

 

Ressources humaines

Dans un texte publié sur la page d’accueil du site web de la CAQ, la formation politique affirmait être la seule qui promet d’offrir du dépistage précoce pour les enfants en très bas âge et 28 000 places en CPE. On lit également qu’il s’agit d’un « programme ambitieux, certes, mais nécessaire ».

La question est de savoir si les ressources humaines disponibles sont suffisantes à la réalisation de ce projet caquiste et, sinon, de quelle façon ce problème d’importance peut être réglé.

À cet égard, comme c’est souvent le cas dans d’autres dossiers d’importance, les grands centres urbains et les régions vivent des réalités très différentes. Par exemple, les médias nationaux pointent un grand vide à combler rapidement en matière d’enseignantes et d’enseignants qualifié(es) dans la région métropolitaine, mais au Centre-du-Québec, selon M. Schneeberger, il ne semble pas y avoir péril en la demeure.

Précisons que, pour réaliser le projet des maternelles 4 ans, le ministère de l’Éducation s’est dit prêt à appeler en renfort des éducatrices de garderie pour prendre en charge des classes à la prochaine rentrée scolaire, mais ce, à la condition qu’elles s’engagent à suivre une formation universitaire reconnue.

« C’est comme dans n’importe quel domaine d’activités : les gens ont le droit de postuler sur les emplois qu’ils veulent. Le ministère de la Famille et le ministère de l’Éducation travaillent ensemble dans ce projet-là. Il n’y a aucune compétition », note M. Schneeberger.

À savoir si les finissants qui postuleront pour des postes d’enseignants au primaire seront priorisés, le député répond par l’affirmative.

« Bien sûr! C’est normal. Si une personne a les qualifications nécessaires, elle sera avantagée, assure-t-il. On sait bien qu’on ne crée pas des professionnels en claquant des doigts. »

« Dans les médias, on lit souvent que, dans certaines villes, on a engagé des professeurs de primaire et de secondaire n’ayant pas les qualifications nécessaires, poursuit-il. Dans un contexte de pénurie de professeurs, c’est mieux que rien, mais on s’entend que ce n’est pas l’idéal. On sait que la maternelle 4 ans est un milieu de vie qui permet aux enfants de développer leurs sens. On n’est pas en train de faire des mathématiques et du français. Il faut donc relativiser et utiliser notre gros bon sens. »

Par ailleurs, on se demande si l’éducatrice en service de garde qui choisira d’épouser la profession d’enseignante, en plus d’étudier au baccalauréat à temps partiel, pourra recevoir du soutien et de la formation sur le terrain et, le cas échéant, de qui? À cet égard, le député de la CAQ dans Drummond-Bois-Francs renvoie la balle à la Commission scolaire des Chênes.

« Il est prématuré de parler d’accompagnement aux nouveaux enseignants puisque nous attendons des confirmations de la part du ministre à ce sujet, répond Bernard Gauthier, secrétaire général et directeur des communications à la Commission scolaire des Chênes. On ne peut donc pas s’avancer à ce moment. »

Bref, « on verra », comme l’a déjà dit le chef de la CAQ durant sa campagne.

 

Ressources matérielles

Pour remédier à des problèmes d’espace, environ 500 élèves de Drummondville amorceront la rentrée 2019 dans des bâtiments temporaires. Ces classes modulaires, rebaptisées ironiquement « roulottes » par certaines personnes, à commencer par le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, qui trouve cette situation aberrante et gênante, seront au nombre de 28 à Drummondville et annexées à trois écoles.

Seront-elles mises à contribution pour les maternelles 4 ans?

« C’est certain que de nouvelles classes devront être faites », confirme Sébastien Schneeberger.

Ce dernier affirme également savoir que des enseignants ont déjà adressé des demandes dans le but d’obtenir un accès à ces nouvelles classes modulaires, et ce, en raison de l’état de désuétude de leur propre salle de classe. Évidemment, le dossier des maternelles 4 ans renvoie invariablement à l’état des écoles, qui ne va évidemment pas en s’améliorant.

« Il y a tellement eu de négligences au niveau des infrastructures au cours des 20 dernières années », tient à faire remarquer M. Schneeberger à ce sujet.

 

Coût des maternelles 4 ans

On aimerait bien mettre un chiffre sur le coût des maternelles 4 ans dans la région Centre-du-Québec. Pour l’instant, il semble que ce soit difficile à chiffrer.

Cependant, selon un article mis en ligne sur le site web de La Presse, offrir la maternelle 4 ans partout au Québec coûtera entre 400 et 700 millions de dollars par année à compter de 2023, ce qui représente une facture plus élevée que ce qu’avait affirmé la Coalition avenir Québec en campagne électorale. Cela, sans compter les coûts d’immobilisation.

En attendant de pouvoir lire les « vrais chiffres », Sébastien Schneeberger répète que tout ce qui est fait pour la mise en place des maternelles 4 ans n’empêchera pas la CAQ de soutenir d’autres organismes liés à l’éducation et à l’enfance.

« Tout ça ne signifie pas qu’on ne peut pas aider les CPE », a-t-il notamment avancé durant notre entretien.

Rappelons que le 20 mars prochain, le Parti québécois, le Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance ainsi que la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec comptent déposer une pétition en opposition au déploiement universel de la maternelle 4 ans l’Assemblée nationale.

 

Assurément, un dossier à suivre….

 

À Drummondville, cinq écoles accueilleront des maternelles 4 ans (Rentrée 2019-2020)

-L’Aquarelle

-Roméo-Salois

-Saint-Jean (Wickham)

-Saint-Joseph (Drummondville)

-Saint-Guillaume

À Victoriaville, neuf écoles devraient accueillir des maternelles 4 ans (Rentrée 2019-2020)

5 avril 2019 |

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